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L'impôt sur le revenu pour les nuls

L’impôt sur le revenu concerne la majorité de la population active française. Pourtant, beaucoup ne savent pas de quelle façon il est calculé. L’idée reçue du «passage de tranche» est encore trop souvent entendue.

Non, vous ne passez pas d’une tranche à l’autre sur l’ensemble de vos revenus.

Arrêtez de penser que le montant de votre impôt changera du tout au tout en changeant de tranche. Votre taux d’imposition est progressif. Il augmente en fonction de vos revenus.

En tant que salarié ce n’est pas trop grave, car vous allez difficilement pouvoir agir sur cette donnée.

Par contre, pour vous qui avez votre propre structure, c’est beaucoup plus ennuyeux suivant la forme juridique de votre entreprise.

D’autant plus que vous allez probablement pouvoir jouer avec. Alors, autant savoir exactement comment ça se passe…

Et puis ce n’est vraiment pas sérieux de ne pas savoir comment est calculé cet impôt.

Définition de l’impôt sur le revenu

Qui est concerné ?

L’impôt sur le revenu (IRPP, Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) concerne tout le monde. La déclaration concerne l’intégralité de vos revenus (salaire, dividendes, placements, etc) sauf cas particuliers (gains de jeux, certains salaires, …). Dans ces cas-là, vous serez informé qu’il n’est pas nécessaire de porter ces montants sur votre déclaration de revenus. En fonction de votre niveau de revenus, vous aurez à payer à l’État français un certain montant d’impôts.

Comment est payé cet impôt ?

Le paiement de ce montant s’effectue : 

  • soit en 3 fois chaque année : deux tiers provisionnels en janvier et en avril qui correspondent à 13 chacun du montant de votre dernier avis d’imposition, puis une régule en août afin que le total versé corresponde au montant d’impôt définitif sur les revenus déclarés ;

  • soit tous les mois pour les personnes mensualisées.

C’est à vous de décider ce que vous préférez. Être mensualisé permet d’éviter les mauvaises surprises pour les moins prévoyants. Pour les autres, payer en 3 fois permet d’utiliser cet argent pour d’autres choses en cas de besoin.

Le calcul de cet impôt ?

Chaque année vous devez remplir une déclaration de revenus durant les mois d’avril et mai. À partir de cette déclaration, va être établi de montant de l’impôt à payer sur ces revenus déclarés. Pour l’année X, vous paierez les impôts correspondant aux revenus de l’année Y.

Attention donc aux mauvaises années. Si vous n’avez pas mis de côté de montant correspondant à vos revenus, vous risquez d’avoir des problèmes, car le montant de vos impôts sera bien plus important que celui de vos revenus. L’année suivante étant basée sur l’année en cours, vous vous retrouverez là encore avec des premiers appels bien plus importants avant d’être remboursé du trop-perçu une fois le montant définitif calculé.

C’est pour cette raison que je vous conseille toujours mettre de côté immédiatement les différentes taxes et charges à payer sur chaque somme reçue. Vous savez alors quelle part vous revient réellement et ne serez pas tenté de toucher aux sommes que vous aurez à reverser ensuite.

Vous pouvez heureusement adapter le montant de vos tiers provisionnels pour qu’ils correspondent au montant final à payer. C’est important dans de cas où vos revenus ont beaucoup baissés et que votre montant d’impôts sera inférieur cette année à l’année précédente. Attention, car vous n’avez droit dans ce cas qu’à 10% de marge d’erreur.

Le système des tranches

En 2017, le système dispose des 5 tranches suivantes :

  • 0% jusqu’à 9 710 €
  • 14% ensuite jusqu’à 26 818 €
  • 30% jusqu’à 71 898 €
  • 41% jusqu’à 152 260 €
  • 45% pour tout le reste

Si vous déclarez 30 000 € de revenus, quel sera votre taux d’imposition ? Celui à 30% ? 

En êtes-vous sûr ? 

Si c’est ce que vous pensez, alors cet article vous est bien destiné. Il est temps d’y voir plus clair dans cette histoire.

Il y a une façon très simple de comprendre le système. Prenez 5 récipients. Imaginez que le premier peut contenir 9 710 €.

Le second peut contenir 17 108 € (26 818 € - 9 710 €).

Et ainsi de suite pour chacune des 5 tranches. Chaque récipient a une indication différente : 0% sur le premier, 14% sur le second, etc.

Maintenant vous devriez commencer à comprendre le principe. Vous allez remplir chaque récipient à son maximum avant de remplir le récipient suivant. Comme vous êtes malin, vous allez remplir d’abord ceux avec le taux le plus faible.

Une fois l’opération terminée vous faites les comptes. Vous prenez le montant contenu dans le récipient et lui appliquez le taux correspondant.

C’est la part d’impôts que vous allez payer sur ces revenus.

Dans notre exemple de 30 000 €, on arrive au résultat suivant :

  1. 9 710 € dans la tranche à 0% (le maximum possible), soit 0 €
  2. Il reste 20 290 €. On remplit au maximum la tranche à 14% avec 17 108 €, soit 2 395,12 €
  3. Il ne reste plus que 3 182 € qu’on utilise pour la tranche à 30%, soit 954 €

Au total donc, sur 30 000 € de revenus, on paye 3 349,12 € (ce qui donne un taux d’impôts de 11,16%).

Vous voyez donc que l’imposition totale est progressive. Le passage d’un palier à l’autre ne s’applique pas à l’ensemble de vos revenus, mais juste à la partie dépassant de la tranche.

Et le nombre de parts ?

Le nombre de parts est déterminé par différents facteurs en fonction de la composition de votre foyer fiscal (enfants, mariage, etc). C’est ce que les impôts appellent le quotient familial.

Avec ce quotient familial, vous allez multiplier les plafonds de chaque tranche. Ce qui signifie que pour le même revenu précédent, 30 000 € avec 2 parts, on arrive au calcul suivant :

  1. La première tranche à 0% passe à 19 420 € (au lieu de 9 710 €).
  2. La seconde tranche à 14% reçoit entièrement les 10 580 € restants, soit 1 481,2 € de taxes.

Avec un quotient familial de 2 et un revenu du foyer à 30 000 € on payera 1 481,2 € de taxes, soit un taux de 4,9%.

Ça, c’est en théorie. Car en France, il y a bien sûr un plafonnement et des cas particuliers. Chaque demi-part après la première est plafonnée à 1 512 € de réduction pour cette année. Dans notre exemple nous avons 2 demi-parts, soit un plafonnement de réduction de 3 024 € (2 fois 1 512 €). Ça signifie que la réduction maximum pour un foyer avec 2 parts ne pourra jamais dépasser 3 024 € au total.

Avec notre exemple, la différence avec le montant à payer pour 1 part étant inférieur à 3 024 € (on passe de 3 349 € à 1 481 €, soit une réduction de 1 868 € grâce à cette seconde part), le plafonnement ne s’applique pas. Chouette !

Optimisez votre impôt sur le revenu !

Vous avez votre entreprise. Il faut donc voir maintenant quelle incidence cela a sur vous. En fonction de votre statut, vous allez vous retrouver dans des situations différentes.

Vous exercez en tant que personne physique

Vous exercez sous la forme d’autoentrepreneur ou d’entreprise individuelle.

Avec ce statut, votre chiffre d’affaires ou votre bénéfice va directement être compté comme étant un revenu personnel. Vous êtes donc directement touché par l’impôt sur le revenu, car il sera proportionnel à votre niveau d’activité.

Prenons des chiffres au hasard pour bien comprendre la problématique. Le calcul réel est complexe. Alors on va simplifier. On va omettre l’ensemble des charges et considérer que la somme va intégralement dans votre poche. L’idée reste la même, le tout est de bien comprendre le principe.

Un client se présente et vous propose une mission pour 10 000 €. Accepter cette mission vous et demandera de sacrifier vos soirées et week-ends.


Cas n°1. Avec l’ensemble de vos revenus actuels, vous êtes dans une tranche à 10%. Si vous acceptez cette mission, après imposition, il vous restera 9 000 €. L’opération est bonne, vous la prenez, car vous en avez besoin de toute façon, vos revenus cette année étant trop justes.


Cas n°2. Vous avez déjà bien travaillé cette année. Vous êtes en ce moment dans une tranche à 40%. Vous faites vos calculs et vous vous rendez compte que sur les 10 000 €, seuls 6 000 € vous reviennent. Le sacrifice demandé est tout de suite bien plus important.


Dans le second cas, vous voyez qu’on arrive assez vite à une limite du système. Oui, votre business est important. Mais est-il plus important que votre vie privée ? Mérite-t-il ce sacrifice ? 

C’est pourtant exactement la même mission. Pourtant, le résultat va être bien différent pour vous en fonction de votre situation. En réalité, la différence sera probablement encore plus accentuée. Mais le calcul est complexe, car il va falloir intégrer les fameuses charges sociales donc vous ne chercherez probablement pas à savoir combien X € vous reviendront réellement sur une mission à Y €.

N’oubliez pas également que le fait d’avoir un bénéfice trop important sur une année risque de sérieusement être source d’ennuis pour les années à venir. Les différentes cotisations sont appelées en fonction de prévisions établies sur vos résultats passés. Vous risquez alors d’être condamné à devoir faire au moins aussi bien l’année suivante.

À vous de décider si le jeu en vaut la peine.

Une autre piste pour contourner le problème sera de décaler le paiement sur l’année suivante de manière à optimiser vos revenus.

Ou de commencer à envisager de changer de statut…

Vous exercez en tant que personne morale

Vous êtes dirigeants de société (SAS, SASU, etc).

Vous avez le contrôle complet de votre niveau de rémunération. Vos revenus sont donc complètement séparés du niveau d’activité de votre société et c’est une excellente chose.

Il existe quelques astuces pour réduire le montant de vos revenus tout en conservant la même qualité de vie.

Vous pouvez par exemple passer en charges certains de vos frais.

Vous pouvez également percevoir des rémunérations sous d’autres formes disposant d’abattements.

Le mieux est de passer par des sociétés spécialisées dans ce genre de conseils. Elles sauront vous dire ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire.

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